inapoi nedelcu.net section inainte

Chargé de cours : Tinel Nedelcu (t.nedelcu@umontreal.ca)



Exemple d'examen
(La structure de l'examen partiel est identique avec celle de l'examen final : une partie questions à réponse avec choix multiple, une partie questions à courte réponse (1 phrase - 4 à 8 lignes maximum) et une partie de questions à développement (1 page maximum). En voici un exemple :)

I.Questions au choix multiple :

1. Selon Saussure, la langue est un phénomène :

a) individuel,
b) sociétal,
c) naturel.

2. Pour lequel des 3 penseurs la vérité était de l’ordre du discours :

a). Platon,
b). Protagoras,
c). Aristote.

3. Pour l’épistémologie poppérienne la vérité :

a). la vérité n’existe jamais de façon absolue, mais toujours de façon relative jusqu’au moment où elle sera invalidée par de nouveaux faits,
b). la vérité ne repose pas tant sur des critères de falsification que sur l’influence réciproque (effets de groupe) que certains scientifiques ont entre eux par rapport à ce qu’on considère collectivement comme étant « vrai » à un moment donné de l’histoire,
c). la vérité est le résultat d’un processus cyclique, de type sociohistorique complexe, marqué par plusieurs phases précises.

4. La principale critique faite au modèle de la communication centré sur la transmission de Shannon porte sur :

a). son caractère unidirectionnel et linéaire,
b). l’accent mis sur le langage du corps,
c). le fait que l’émetteur et le récepteur interagissent.

5. La pensée cybernétique tire ses sources théoriques de (3 choix sur 6):

a). la thermodynamique,
b). la phénoménologie,
c). la physiologie,
d). la théologie,
e). du cartésianisme,
f). la chimie organique.

6. Selon le modèle systémique, la communication est appréhendée :

a). comme le va-et-vient d'un sens préalablement constitué,
b). comme l'élaboration commune d’un sens obtenu par la collaboration
synchrone des interactants,
c). comme transmission d’un message successivement codé puis décodé.

7. La conception moderne occidentale du temps est celle :


a). du temps cyclique, en boucle (l'idée de l'éternel retour),
b). du temps fuyant, linéaire (l’idée d’irréversibilité),
c). du temps segmenté, cadence (l'idée d'artefact).

8. Une théorie se distingue d’un dogme par cela que ses hypothèses
ne sont pas falsifiables :

a) vrai. ou
b) faux.

9. La dénotation est :

a) un sens propre,
b) un sens large,
c) un sens figuré,
d) un sens restreint.

10. Dans une relation de couple, un débat fréquent sur la nature de la relation est signe :

a). que la relation est très saine,
b). que la relation est « boiteuse ».

II. Questions à réponse en une phrase.

1. Nommez 3 (trois) caractéristiques propres à la façon moderne de faire de la science (approche positiviste).

• Des réseaux de confiance entre “gentlemen”,
• La nécessité de l’humilité, communiquer les résultats, afin de repartir le travail scientifique,
• Adopter une nouvelle logique de recherche, fondée sur l’expérience,
• Réformer l’écriture pour favoriser le « témoignage virtuel »,
• Le refus de la rhétorique trompeuse. (abandonner la méthode aristotélicienne des syllogismes),
• Le rejet du style fleuri, l’interdiction de la métaphore.
• Rendre la science efficace,
• Faire place à l’observation et aux expériences empiriques.

2. Quel est le rôle d’une théorie ? (il faut nommer 3 (trois) minimum)

- une théorie devrait produire un savoir objectif, fondé sur des énoncés cohérents, falsifiables et justes.
- prendre la forme d’une réflexion sur le monde qui aboutit à un ensemble de concepts (et les relations qui s’établissent entre eux), qui décrivent ou expliquent un phénomène. une théorie est donc une construction conceptuelle.

- Le but d’une théorie c’est de tenter de prendre en compte un ou plusieurs des aspects suivants:
- la description du monde, des objets, des relations et de leur mode d’appréhension (la réalité)
- la description de l’extériorité: un sujet humain connaissant capable de saisir l’extériorité (le sujet)
- la conception de la situation du sujet par rapport à l’extériorité (la position du sujet : objectif/subjectif)
- la conception des relations extériorité/intériorité, la pensée et ses conditions de possibilité (la connaissance)

Les théories, qui jouent un rôle central en sciences, sont précisément les modèles de pensée qui permettent d’interpréter la réalité à partir des phénomènes observés. Cette interprétation se fait à l’aide de concepts, de liens logiques et de connaissances acquises qui leur sont propres. Les théories élaborées par les scientifiques peuvent éventuellement conduire à l’identification de lois.

3. Autour de quels objectifs se structure la science ?.

- dans l’histoire de l’humanité, la science, constitue la démarche la plus achevée pour comprendre la réalité qui nous entoure, dans une quête d’élaboration de connaissance fondées sur les faits tels qu’ils sont,
- en opposition aux modes de connaissance qui reposent sur l’intuition ou la croyance, la science cherche à mettre en lumière les causes des phénomènes au-delà des apparences, par conséquent au-delà du sens commun de ce qui est généralement admis par la société.

La science se structure autour des objectifs suivants:
- Identifier, au moyen d’observations systématiques, les phénomènes qui se posent avec récurrence dans la réalité, tels que les phénomènes communicationnels.
- Décrire, c’est-à-dire représenter les phénomènes observés.
- Expliquer ou démontrer les phénomènes.
- Comprendre, saisir, les phénomènes observés en dégageant, par exemple, le sens de ceux-ci.
- Prédire les phénomènes observés, par conséquent être en mesure, autant que faire se peut, d’anticiper certaines actions ou certains comportements qui sont susceptibles de se poser dans tel ou tel contexte.
- Transformer, voire améliorer certains phénomènes observés, par conséquent agir sur ceux-ci de façon à (re) produire un effet souhaité ou souhaitable.

4. Qu’entend Karl Popper par le concept de réfutabilité d’une théorie ?

Karl Popper définit une théorie comme un ensemble d’hypothèses falsifiables. (dont on peut en douter – si on ne doute pas cela devient un dogme).

Donc, une théorie doit être falsifiable, ou réfutable pour pouvoir être vérifiée. Infirmer ou confirmer l’adéquation entre la théorie et la réalité. Les hypothèses doivent être testées à travers des expériences objectives (résultats indépendants des goûts, croyances, prédispositions de l’observateur et de son contexte) et reproductibles (tous paramètres contrôlés) expérience reprise plusieurs x et donnant les mêmes résultats).

Cela veut dire que si plusieurs scientifiques reproduisent les mêmes conditions et effectuent la même expérience, et s’ils arrivent au même résultat, alors on peut conclure que leur hypothèse correspond à la réalité. Et à chaque fois qu’on doute d’une théorie nous devrions être en mesure de reproduire n’importe quelle expérience qui la soutient). Ce qu’il devrait en résulter de l’activité scientifique devrait être : un savoir objectif fondé sur des énoncés cohérents, falsifiables et justes.

5.Expliquez en une phrase qu’est-ce que la rétroaction positive et quels sont ses effets.

Modèle symétrique (feedback ou rétroaction positive) : relation égalitaire, comportement en miroir, les interactions entre les éléments sont de même nature. La rétroaction positive renforce le système dans son escalade vers sa destruction totale, vers le blocage ou vers l’explosion.

III. Questions à court développement

1. Définissez, expliquez et illustrez la notion d’École tel que la conçoit Thomas Kuhn.

Une école est, selon Kuhn, un ensemble de chercheurs, de théoriciens, de penseurs, etc. partageant des objets, des problématiques, des stratégies et des lieux institutionnels communs.

Cet ensemble de scientifiques se sentent concernés par la communication et partagent donc :
- une définition commune des phénomènes à étudier,
- une définition commune des problèmes à résoudre,
- une définition commune des techniques, des méthodes, des stratégies appropriées à la résolution de ces problèmes,
- un lieu institutionnel. (ou bien un lieu imaginaire - collège invisible, un lieu de rencontre réel ou métaphorique (club, journal, colloque), ou encore plusieurs endroits physiques),
- une légitimité conférée à la recherche : lieu de profération d’un discours comme gage de sa crédibilité e.g. MIT.,
- accès aux fonds de recherche, subventions et prestige pour les chercheurs, ressources matérielles, financières, humaines, immatérielles, etc.
- diffusion des résultats, transmission intergénérationnelle des savoirs, lieux protégé, à l’abri des contraintes, permet un travail d’affinage, d’exploration et d’innovation,
- expériences et innovations : lieu protégé, à l’abri des contraintes. Permet d’affiner les théories et les méthodes, d’explorer de nouvelles avenues de recherche.

2. Norbert Wiener dit : « La menace la plus importante dans le monde moderne est sa complexité ». Expliquez et illustrez ce qu’il veut dire par là.

La menace la plus importante dans le monde moderne est sa complexité. Cette complexité ne peut plus être gérée uniquement par les cerveaux humains, ils doivent être soutenus par des machines qui calculent l’ordre, la sécurité, l’organisation des choses). Les machines sont pensées comme des prothèses cognitives. (l’idée n’est pas nouvelle: le Golem du rabbi praguois Loew – un esprit tout puissant dans une bouteille, etc.

On voit donc que si pour Wiener l’ennemi c’était une chose plus ou moins abstraite: le désordre, le chaos, l’entropie, la désorganisation, qui ne ferait pas de victimes humaines, ses employeurs avait en tête des cibles plus concrètes. Exemple: des d’applications dans la société civile: L’horaire des rames de métro est non seulement établi mais aussi surveillé pour qu’il n’y ait pas de collision. Ce que l’ordinateur fait en quelques minutes, une grosse équipe d’ingénieurs devrait le faire en une semaine.

3. Paul Watzlavick dit : « On ne peut pas ne pas communiquer. » Expliquez et illustrez cette affirmation en vous appuyant sur les positions des membres de l’École de Palo Alto.

L’impossibilité de ne pas communiquer :

La communication est un comportement et en tant que tel, il n’a pas de contraire: il n’existe pas de non-comportement. On ne peut pas ne pas avoir de comportement. Tout comportement est un message ( langagier, gestuel, postural, silence, présence, absence, intentionnel/non intentionnel, consciente ou réussie, etc)

La communication est un phénomène interactionnel : échange de messages entre individus, composé polyphonique de plusieurs modes de comportements (verbal, tonal, postural, contextuel,etc.) pouvant être congruents ou non (paradoxaux).

Tout homme vivrait nécessairement (bien qu’inconsciemment) dans et par des codes, puisque tout comportement en entraîne l’usage. La communication n’est pas nécessairement consciente et volontaire, mais dès qu’il y a interaction ou relation, il y a communication.


Note importante

Pendant la session active, cette page habrite également des échanges (questions-réponses, commentaires, notes) entre les étudiants et l'enseignant, échanges censées à apporter un maximum d'éclaircissement sur la matière vue en cours.